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Histoire de SAGY

Histoire de Sagy : quelques repères :

On peut évoquer ici quelques dates et événements qui ont ponctué l’histoire de
Sagy jusqu’à 1789. Ce document reste évidemment à compléter, ce n’est qu’une
trame. Si vous constatez des erreurs, ou avez des précisions complémentaires,
merci de nous contacter.
- Quelques traces d’une installation gallo-romaine.
- Le nom de Sagy apparait sur un écrit, pour la première fois, vers 931, lorsque Albéric,
Comte de Mâcon, fit don à l’église St-Vincent de Mâcon de plusieurs localités de son Pagus
(territoire soumis à l’autorité d’un comte) dont Appuniacum (Saillenard), Satgiacum
(Sagy) avec Foresta de Montes (St-Martin-du-Mont, et Vignacus (Vincelles)…
- Construction de l’église de Sagy au 11ème, peut-être 12ème siècle. Seul demeure de cette
époque ce qui constitue aujourd’hui le soubassement du clocher, et qui aurait été un
ancien transept roman.


Sagy, châtellenie bressane
- On sait qu’au 12 ème et 13 ème siècle Sagy relevait de la sirerie de Bâgé ou Baugé qui
comprenait alors une grande partie de la Bresse de l’Ain et aussi de la Bresse
Bourguignonne, à peu près jusqu’à la Seille.
- En 1256 nait Sybille, fille de Guy de Bâgé qui meurt peu après. Elle est Dame de Bresse et
la dernière descendante des Bâgé.
- En 1272, Sybille Dame de Bresse, qui avait à peine 17 ans, épousa à Chillon Amé qui
devint en 1285 Amédée V de Savoie. Elle sera alors Dame de Bresse et comtesse de
Savoie.
- En 1276, Sybille dame de Bresse et son époux octroyèrent à Sagy une charte de
franchise, comme son père Guy II de Bâgé en avait accordé une en 1251 à Pont-de-Vaux,
Bâgé, et Bourg-en-Bresse.
- En 1289, Amédée de Savoie échangea les châtellenies de Sagy et Cuisery avec le Duc de
Bourgogne qui lui laissa Coligny, Treffort, Cuisiat, le pays de Revermont… A partir de
cette date, Sagy relève du duché de Bourgogne.

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Sagy : châtellenie du Duché de Bourgogne

- La châtellenie se partage, avec celle de Cuisery, tout le sud de l’actuelle Bresse
Bourguignonne. C’est alors une châtellenie importante qui compte 48 paroisses, hameaux
et fiefs, dont la moitié de Louhans qu’elle se partage avec Cuisery, la limite se trouvant au
niveau du puits de la Girarde (vers l’actuelle rue de l’hôtel de Ville).
- En tant que châtellenie ducale, elle relève du baillage de Chalon et est administrée par
des capitaines-châtelains nommés à Dijon, souvent des nobles, proches du duc et qui
exerçaient les fonctions civiles, administratives, judiciaires et militaires sur toute la
châtellenie. Ces capitaines-châtelains étaient tenus de rendre des rapports, dont certains
sont conservés aux Archives de Côte d’Or. Certains capitaines-châtelains gérèrent parfois
simultanément les châtellenies de Sagy et Cuisery.
- Le Duc de Bourgogne administrait le Duché de Bourgogne mais aussi, à son apogée, bien
d’autres régions obtenues soit par héritage, batailles, ou mariage : les Flandres, la
Picardie, le Luxembourg, les Pays-Bas… Elle comprend aussi le Comté de Bourgogne
(actuelle Franche-Comté). Toutefois ce comté, de par son histoire antérieure, était aussi
inclus dans le Saint Empire romain germanique (confédération d’états germaniques qui
élisait son empereur).
- La guerre de cent ans (1337-1453) fut cause de grands dommages dans la châtellenie de
Sagy et dans la région, d’abord à cause des pillages des Grandes Compagnies, puis des
Ecorcheurs, mais aussi, surtout de 1422 à 1434, par la levée et le passage des troupes.

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Quelques questions à résoudre : le château-fort – très délabré dès le milieu du 17 ème siècle et
finalement détruit au moment de la Révolution française a du être construit avant 1289, avant le
transfert à la Bourgogne qui fait de Sagy une châtellenie ducale. N’y eut-il pas antérieurement un
château, plus proche de l’église ? Et n’y eut-il pas là un bourg également, avant que le bourg de la
châtellenie ne se trouve, avec le château, 2 km en amont de la Vallière, aux confins des actuels
hameaux de Sarvagnat, de Novillard et de la Grange-Rouge ?
Les châteaux forts n’ont en effet cessé, tout au long du Moyen-âge, de s’adapter à l’évolution des
armes, des guerres, etc.
Selon l’historien Pierre PONSOT, en 1306, le hameau qui compte le plus de feux (= de maisons
habitées) à Sagy est celui d’Alpuignie ou Alpuygnes. Où se situait-il ? A-t-il vraiment un lien avec
le lieu-dit la Ponat qui tiendrait peut-être son nom de Epona, déesse Gauloise ? Aurait-il été à un
certain moment le bourg du village (hameau le plus peuplé) avant de disparaitre ? Qu’est-ce qui
a pu provoquer sa disparition (épidémie ? guerre ??).

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- En 1477, le Duc de Bourgogne Charles le Téméraire est tué près de Nancy. Son héritier
est sa fille unique Marie de Bourgogne. Le roi de France Louis XI revendique alors le
duché de Bourgogne (dont les châtellenies de Sagy et Cuisery) au nom de la suzeraineté
des rois de France, et en vertu de la loi salique qui ne reconnait pas l’héritage par des
femmes. Il revendique aussi la Franche-Comté qui relève du Saint-Empire romain
germanique. Or, la loi salique ne s’applique pas dans le Saint-Empire et l’époux de Marie
de Bourgogne, Maximilien de Habsourg, veuf dès 1482 et futur empereur du Saint-
Empire romain germanique (1506-1519), va s’opposer à Louis XI. En Bresse, il y eut aussi
quelques combats contre la mainmise du roi de France, particulièrement à Cuiseaux qui
fut alors incendié, mais le pouvoir royal s’imposa.

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Sagy : châtellenie royale
- La châtellenie qui devint ainsi châtellenie royale fut donnée en apanage par le roi à des
proches en remerciements de services. Mais elle fut gérée localement par des seigneurs
locaux dit « seigneurs engagistes » qui devaient rendre des comptes tant à la Chambre
des comptes de Dijon qu’à la personne qui en recevaient la jouissance (héréditaire) par
décision du roi de France.
- Ces seigneurs engagistes sont, principalement, dès le milieu du XVème siècle, des
membres de la famille Jehannin et aussi, à partir du début du XVIème siècle, de la famille
Durand, ou parfois des proches apparentés (appartenant aux familles notables de la
région). Ces seigneurs avaient souvent été d’abord procureur du roi, ou bailli de justice
avant d’être nommé châtelain. Ils semblent avoir été pour la plupart de formation
juridique.
- La châtellenie était l’apanage de proches de la famille royale qui en avaient la jouissance
et qui ne vinrent sans doute jamais à Sagy. On sait ainsi que, en 1577, elle fut octroyée à
Françoise d’Orléans-Longueville (épouse de Louis de Bourbon-Condé), par Henri III en
règlement d’une pension, jusqu’à sa mort en 1601 ; Madame de Longueville (1549-1601)
organisa la gestion de la châtellenie conjointement avec celle de Louhans dont elle
bénéficiait déjà en tant que descendante de Jeanne de Hochberg. Elle fut transmise à ses
descendants parmi lesquels on trouve plus tard, vers 1660, Marie d’Orléans-Longueville,
Duchesse de Nemours (1625-1707).  

- Marie d’Orléans-Longueville, Duchesse de Nemours épousa Henri II de Savoie, duc de
Nemours en 1657 mais se retrouva veuve deux ans plus tard. Sans descendance directe,
ses héritiers vendirent ses possessions françaises. La baronnie de Louhans et la
châtellenie de Sagy furent ainsi vendues en 1709/1711 à François GUYET.
- En 1551 : plantation de deux tilleuls de part et d’autre de l’ancien cimetière, devant
l’église. L’un d’eux, fut incendié en 1875 car envahi par des abeilles ou des guêpes mais

l’autre – toujours verdoyant - sera classé « site naturel » (équivalent de monument
historique) en 1909.

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Le XVIIème siècle : une période très difficile pour la châtellerie

- Même si elle ne fut pas le théâtre des guerres de religion (environ 1562- 1598), on sait
que la région souffrit de ces guerres, qui affectèrent surtout Mâcon, Chalon…
- En 1630, le roi Louis XIII attribua les briques du château-fort de Sagy – qui nécessitait
des réparations qu’on ne prévoyait donc pas - aux moines des Cordeliers de Louhans
pour construire l’église de leur couvent. Peut-être parce que le château était très proche
de la frontière du royaume, cela ne se fit pas alors.
- La guerre de 30 ans (1618-1648) agita toute l’Europe mais elle concerna notre région
pendant la période dite « guerre de 10 ans », de 1634 à 1644 environ. Les troupes, en
garnison à Louhans, stationnèrent longtemps dans la région. Période très violente pour la
Franche-Comté comme pour notre région et qui inspira Bernard Clavel dans les 5 romans
de sa série « Les colonnes du ciel ».
- En 1637, Le comtois Lacuzon mena une incursion destructrice en Bresse, qui ravagea
entre autres quelques hameaux de Sagy avant d’atteindre et détruire une bonne partie de
Savigny-en-Revermont.
- En 1641, le capitaine Lacuzon, à la tête de « 250 chevaux et 1100 hommes à pied » attaqua
Sagy et malmena le château fort – déjà mal en point et qui ne fut plus réparé - avant
d’incendier la plupart des hameaux de Sagy. Le village eut beaucoup de mal et mit des
décennies à se relever. Le bourg situé alors près du château, qui comportait des artisans,
une halle… ne fut jamais reconstruit ; on se rapprocha alors de l’église (construite au XI
ou XII ème siècle), peut-être aussi pour une plus grande proximité de Louhans.
- En 1680, les moines des Cordeliers de Louhans vinrent récupérer les briques du château
fort qui n’abritait plus que des sergents, et autres personnels ainsi que la prison. Les
seigneurs ne vivaient plus à Sagy depuis 1665. Pierre Durand, châtelain de Sagy de 1647
à 1665, qui possédait une propriété (disposant d’une chapelle) dans le hameau voisin de
Véage, a laissé en 1665 la gestion de la châtellenie à son fils Jean qui l’administra au
moins jusqu’en 1683. Jean s’installa après son mariage à Louhans et, à partir de ce
moment, il ne résidera plus à Sagy mais à Louhans.
- Entre 1666 et 1668, on construisit la Maison du bailli de Sagy. C’est un peu le symbole du
transfert de l’ancien bourg vers le nouveau bourg près de l’église. Ce bourg s’est d’abord
développé de part et d’autre de l’église, vers l’actuel restaurant de la Grotte puis au début
de la rue du 19 mars 1962.

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Quel est le rôle de la maison du bailli ? Ce bâtiment construit alors entièrement en colombage
comporte sur sa façade est 2 tours dont l’une avec pigeonnier (réservé habituellement aux
seigneurs ou aux nobles), un balcon avec une balustrade en colombage avec croix de St-André (il
y eut aussi une balustrade sous le balcon). Était-ce un pied à terre destiné au châtelain (à
l’époque Pierre puis Jean Durand) ? ou au bailli de justice ? ou encore à un notable ? Dans la
mémoire orale, elle était présentée comme la continuité du château fort, mais quel était son
rôle ? Qui l’a construite ?

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Est-ce la famille David, famille de bourgeois de Louhans et de juristes, premier propriétaire que
l’on connait, grâce au cadastre napoléonien réalisé à Sagy en 1816-1818 ? Ce David, dont on n’a
pas le prénom, ne vivait pas à Sagy mais à Louhans. Signalons que deux membres de cette
famille (François puis son fils Jean-Baptiste) furent successivement procureurs du roi à Sagy au
début du XVIII ème siècle, avant d’opter pour d’autres charges. Cependant, Jean-Baptiste puis son
fils – notaire - épousèrent successivement la fille de châtelains de Sagy (Nicole Durand puis
Jeanne-Marie Jehannin)
.

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Le XVIIIème, un siècle qui commence dans le calme, mais Sagy vit dorénavant dans l’ombre de Louhans.

- Vers 1709-1710, la châtellenie royale de Sagy est vendue, de même que la baronnie de
Louhans. Elles deviendront toutes deux la propriété de François Guyet, Conseiller d'État,
maître des requêtes ordinaires, intendant des finances de Béarn et Navarre (1699-1701), puis
de Lyon (1701-1704). François Guyet a déjà des possessions en Bresse : il est baron
de Saint-Germain-du-Plain et d'Ouroux, marquis de Bantanges en 1696, baron en 1711.
Gouverneur de Louhans en 1722, il obtiendra d’ailleurs le titre de Comté en 1724 pour
Louhans .
- À sa mort, sa fille unique, Philiberte-Thérèse Guyet, devenue après son mariage Madame
de Chamillard - qui vint souvent dans sa propriété de Bantanges érigée en marquisat en
1675 - hérite de tous ces domaines.
- Au décès de Madame de Chamillard en 1774, c’est son petit-cousin, Antoine-Jean Gagne
de Perrigny (1714-1783) qui en hérite. Mais cet héritage ne fait pas long feu : à son décès
en 1783, c’est sa soeur Marguerite-Philiberte Gagne de Perrigny (1722-1811) qui est
héritière.

- Marguerite-Philiberte Gagne de Perrigny a épousé en 1742 Bénigne Le Gouz de St-Seine
(1719-1800) et c’est donc la famille Le Gouz de St-Seine qui possède dorénavant Sagy
comme Louhans et d’autres communes de la Bresse.
- Mais en 1789, c’est la Révolution française et Bénigne Le Gouz de St-Seine, menacé,
émigre. Ses biens seront confisqués, dont des terres à Sagy qui seront vendues comme
biens nationaux.


La famille de Gouz de Saint-Seine a récemment déposé toutes les archives familiales qu’elle avait
pu récupérer après les confiscations révolutionnaires et les aléas de l’histoire, aux archives
départementales de Côte-d’Or.


Ce texte reste une ébauche qui sera complétée au fur et à mesure de nos recherches.
Merci de votre intérêt.

​

Marie-Annick BERNARD

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Sources :
Bulletins des Amis de l’Instruction et de l’Agriculture de Sagy et St-Martin-du-Mont : articles de
Pierre PONSOT : n°25-28-29-36-39-40-41-42-43 ; Marcel PACAUT : n° 29 ; Franck METROT :
n°26 ; Robert MICHELIN, n°22 ; Claude MIELO : n° 55-58.
Lucien Guillemaut - Histoire de la Bresse louhannaise. T. 1 : les temps anciens – le Moyen Age.
1892.
Lucien Guillemaut- Histoire de la Bresse louhannaise. T. 2 : Les temps modernes jusqu'à 1789.
1896.
Robert PETIT : un maire raconte sa commune, 1993.
Du Château-fort à la maison actuelle : l’architecture de nos villages. Amis de l’Instruction et de
l’Agriculture de Sagy et ST-Martin-du-Mont, 2022.
Françoise VIGNIER : le fonds Le Gouz de Saint-Seine. Archives départementales de Côte d’Or,
2021.

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